À première vue, la question semble contradictoire. Comment peut-on être actif tout en étant sédentaire? Pourtant, c’est un paradoxe très fréquent dans notre société moderne, et il concerne beaucoup plus de gens qu’on le pense.

Être actif ne protège pas automatiquement contre les effets de la sédentarité. Comprendre cette nuance change complètement la façon d’aborder la santé et le mouvement au quotidien.


Qu’est-ce que la sédentarité, exactement
La sédentarité ne signifie pas « ne rien faire du tout » ni « être en mauvaise forme ». Elle correspond au temps passé éveillé dans des positions assises ou allongées, avec une dépense énergétique très faible. Travailler devant un écran, conduire, regarder la télévision, manger assis pendant de longues périodes: tout cela est considéré comme du comportement sédentaire.

👉 On peut donc être physiquement actif… et très sédentaire à la fois.


L’exemple typique du paradoxe moderne
Imagine quelqu’un qui s’entraîne quatre fois par semaine. Les séances sont structurées, efficaces, parfois intenses. Sur papier, tout semble parfait.

Mais cette même personne travaille assise huit à dix heures par jour, se déplace en voiture, mange assise, se détend le soir devant un écran, puis recommence le lendemain.

Résultat: elle est active pendant quelques heures par semaine, mais sédentaire pendant la majorité de ses heures éveillées. Les deux réalités coexistent.


Les effets physiologiques de la sédentarité prolongée
Le corps humain est conçu pour bouger fréquemment, pas seulement intensément. Lorsque l’on reste assis trop longtemps, plusieurs mécanismes physiologiques sont affectés.

  • La circulation sanguine devient moins efficace
  • L’activation musculaire diminue
  • La régulation du sucre sanguin se détériore
  • Le métabolisme des graisses ralentit

À long terme, une sédentarité prolongée est associée à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, de douleurs musculo-articulaires et de fatigue chroniquemême chez des personnes qui s’entraînent régulièrement.


Pourquoi l’entraînement ne “compense” pas tout
L’entraînement apporte d’énormes bénéfices, mais il agit sur une fenêtre de temps limitéeUne heure d’exercice ne peut pas annuler dix heures passées immobile.

Le corps ne fonctionne pas comme un compte bancaire où l’on peut déposer une séance intense pour effacer le reste de la journée.

👉 Les adaptations positives de l’entraînement peuvent cohabiter avec les effets négatifs de la sédentarité.
C’est pourquoi certaines personnes en bonne condition physique ressentent quand même raideur, douleurs ou fatigue persistante.

La clé n’est donc pas de s’entraîner plus, mais de bouger plus souvent.


Des solutions simples pour casser les périodes assises
Réduire la sédentarité ne demande pas de révolutionner son horaire ni d’ajouter des séances d’entraînement. L’objectif est surtout de fragmenter le temps passé assis.

Stratégies simples et efficaces:

  • se lever au moins une fois par heure, même 1 ou 2 minutes
  • marcher pendant les appels téléphoniques
  • alterner entre position assise et debout
  • bouger légèrement pendant les pauses
  • ajouter de courtes marches dans la journée
  • faire quelques mouvements ou étirements simples entre deux tâches

Ces micro-mouvements réactivent la circulationsollicitent les muscles et rappellent au corps qu’il n’est pas en mode arrêt prolongé. (voir notre blog sur les micro-changement pour être plus actif)


En conclusion
Oui, on peut être actif et sédentaire en même temps. C’est même une situation très courante. Reconnaître ce paradoxe permet de mieux comprendre pourquoi l’entraînement, à lui seul, ne suffit pas toujours à optimiser la santé.

Bouger régulièrement dans la journée, même à faible intensité, est un complément essentiel à toute routine d’entraînement. La santé se construit moins dans l’effort ponctuel que dans les gestes répétés, jour après jour.